Photo Gregor
 
Stratégie et organisation des grandes entreprisesindustrielles françaises au début du 21ème siècle. PRINT
Auteur(s) : J. PORET
Thése de l'université Paris I Panthéon Sorbonne : 22/09/2005 - Paris
Sous la direction de : TRIOLAIRE Guy
Jury : Eric GODELIER , Jean-Pierre HELFER , Jacques MARSEILLE , Roland PEREZ , Guy TRIOLAIRE
Résumé / Abstract :

Il y a une trentaine d’années, les travaux d’Alfred Chandler aux Etats-Unis, relayés pour l’Europe par ceux d’une équipe de Harvard, ont montré une nette tendance des groupes occidentaux à évoluer vers davantage de diversification en adoptant l’organisation multidivisionnelle découverte par Alfred Chandler. Toutefois, dans les années 1980 et 1990, les mouvements de recentrage, d’externalisation et l’émergence de nouvelles formes ont paru largement remettre en question ce modèle. En nous appuyant sur la thèse de Gareth Dyas, qui avait étudié l’évolution, entre 1950 et 1970, de la stratégie et de l’organisation des cent premières entreprises industrielles françaises de l’époque, nous avons cherché à prolonger son observation sur la période allant de 1970 à 2000. Ce travail, réalisé sur la base de l’étude de documents et d’une quinzaine d’entretiens, a permis de conclure que le mouvement de diversification des firmes, identifié par Gareth Dyas en 1972 pour la France, s’était bien prolongé jusqu’à nos jours, et que diversification et recentrage pouvaient parfaitement co-exister. Il a par ailleurs confirmé que, globalement, l’organisation industrielle des firmes françaises était restée assez stable sur la période, et qu’il était donc difficile de trouver un support factuel à la thèse d’une désintégration verticale des firmes en ce qui concernait les principales entreprises industrielles françaises. Par ailleurs, il a montré que, tout en évoluant vers une forme plus flexible, l’organisation multidivisionnelle avait eu tendance à s’imposer de façon de plus en plus nette sur la période, tandis que la forme cellulaire, mise en avant par la littérature anglo-saxonne, était inobservable sur la population étudiée, et que la holding, dont l’utilisation répandue avait constitué une particularité européenne en 1970, était en passe de disparaître. Enfin, cette recherche a mis en évidence certaines formes hybrides, à la frontière entre la structure multidivisionnelle et l’organisation fonctionnelle, qui présentaient un caractère de nouveauté.



Mots-clés / Keywords :  Thirty years ago, Alfred Chandler’s pioneering work in the US, as well as a subsequent European survey carried out by a Harvard team led by Bruce Scott, showed a clear trend among Western industrial corporations towards increasing diversification and divisionnalisation. However, in the eighties and nineties, refocusing, disintegration and the emergence of new forms have appeared to strongly challenge this model. Based upon the doctoral dissertation carried out in 1972 by Gareth Dyas, who had studied the strategy and structure of the hundred largest industrial groups in France between 1950 and 1970, we have extended his research to the period ranging from 1970 till 2000. This work, based upon publicly available information and a series of interviews with firms, has provided evidence that diversification strategy and refocusing were not fully antagonistic, and on the contrary could well co-exist within the same company at the same time. It also confirmed that, globally, the industrial organisation of French enterprise had remained fairly stable over the period, which tended to undermine the well publicised thesis of industrial disintegration, at least when one was looking at the main French industrial firms. Besides, it showed that while evolving towards a more flexible type, the multidivisional form had tended to replace most other structures during the period, whereas the cellular form (that had been viewed as an emerging ‘new form’ by researchers, potentially able to supersede the M-form) could not be observed among our population and the holding, which frequency in the 70’s had been viewed as a European peculiarity, was on the verge of disappearing. Last, this research has also shown the emergence of new hybrid organisations never seen before, that appear to be in between the multidivisional structure and the functional one.

Citer cette référence :
J. PORET (2005), "Stratégie et organisation des grandes entreprisesindustrielles françaises au début du 21ème siècle.", Thèse de doctorat de l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, France